Pourquoi ce site

Depuis une quarantaine d’années, le tourisme s’est fortement développé aux quatre coins du globe et les touristes, surtout issus de l’hémisphère nord, voyagent de plus en plus.

Début 2013 le cap du milliard de touristes qui sillonnent chaque année la planète a été franchi.

Développer le tourisme c’est l’occasion de faire découvrir à des visiteurs – ainsi qu’aux autochtones – l’histoire d’un pays, la richesse de sa culture, son environnement, sa gastronomie, le mode de vie de ses habitants, etc.

Le tourisme peut créer de la richesse et du développement aux pays qui choisissent de protéger et de valoriser leur nature et leur environnement en collaboration avec la population.

C’est un secteur transversal et donc directement ou indirectement relié à d’autres secteurs tel que l’énergie, les infrastructures, les accès (routes et voies fluviales), l’administration, la formation des jeunes, l’agriculture, etc.

Il est donc essentiel de pouvoir développer le tourisme avec des objectifs clairs et en bonne intelligence avec l’Etat. Le rôle de celui-ci est de montrer fermement une volonté de réformer l’ensemble de la société et le cadre dans lequel elle évolue, et assurer parfaitement ses devoirs régaliens.

 

Constat d’échec

Pour diverses raisons, quelques pays n’ont pas voulu ou n’ont pas pu développer ce secteur  économique. La RD Congo fait clairement partie de ceux-là. Comme quoi il ne suffit pas d’être l’un des plus beaux pays du monde et abriter une nature exceptionnelle avec des paysages à couper le souffle pour figurer dans le catalogue des TO (tours opérareurs) et agences de voyages du monde entier.

En RD Congo, les raisons de ce non développement sont dues à l’affaiblissement généralisé qu’a subi le pays ces trente cinq dernières années avec les guerres et pillages, les crises successives, la malgouvernance, la corruption généralisée, le manque de vision politique, …  En tourisme la sécurité et un minimum d’infrastructures (eau et électricité, routes) sont les conditions de base pour attirer et fidéliser des visiteurs. Aujourd’hui le constat est sans appel, les touristes sont aussi rare en RDC que les cheveux sur le crâne d’un moine bouddhiste.

Mais plutôt que pleurer sur son sort, il y a mieux à faire : réorganiser un tourisme cohérent en fonction de la réalité du pays et des besoins de la population.

 

Quel tourisme développer ?

Inutile aujourd’hui de prétendre au même tourisme que celui qui avait cours jusqu’au milieu des années 80, lorsque des safaris étaient organisés aux quatre coins du pays pour les amateurs du monde entier. Outre les “bigs five”, les organisateurs garantissaient des de voir des troupeaux d’antilopes, de zèbres, des gorilles ou des girafes, sous peine de devoir rembourser le safari !  Et dire que c’est le tourisme congolais qui inspira la plupart des autres pays du continent qui se sont aujourd’hui appropriés cette lucrative clientèle…

La plupart des réserves et parcs naturels n’en n’ont plus que le nom. Les causes sont multiples et souvent se chevauchent : zones de guerres, braconnage intempestif, saccages par l’exploitation sauvage de ressources minières, accès difficiles, infrastructures vieillottes ou absentes, manque de personnel formé, etc…

Et bien que quatre de ces parcs sont classés parmi les sites en péril du patrimoine par l’UNESCO, cela ne garantit nullement leur survie.

Et vu les investissements nécessaires pour la réhabilitation de ces parcs, il est peu probable que les grands safaris soient rapidement de retour…

Alors plutôt qu’essayer de rentrer de force dans un modèle classique connu et qui marche peut-être ailleurs, essayons de distinguer les leviers qui serviront de socle à un redéploiement du tourisme.

Avec un peu d’imagination et de créativité, une ration d’audace, une brouette d’obstination et un peu de patience, il doit être possible de mettre en place ce qu’on pourrait appeler un tourisme endémique, c’est à dire un tourisme répondant à des codes et des modèles totalement adaptés aux réalités de la RDC. Et cela sans investissement pharaonique mais avec des exigences précises.

Et viser un tourisme qui ne soit pas figé mais en constante évolution. Un tourisme qui soit le protecteur de la nature et non son fossoyeur. Un tourisme ouvert tant aux étrangers qu’aux Congolais. Un tourisme refusant des concessions excessives qui mettraient en danger la dignité du pays ou de ses habitants. Un tourisme qui utilise les ressources naturelles du pays sans les sacrifier ou les décimer. Un tourisme soucieux d’apporter une formation et un vrai métier aux jeunes. Et enfin un tourisme qui soit un secteur économique important et devienne le symbole de la réussite de tout un pays.